Réforme de la facturation électronique : ce qui change, pourquoi, quelle loi
La réforme oblige les entreprises à échanger leurs factures en données structurées par des plateformes agréées, et à transmettre certaines données à l’administration. Elle repose sur l'article 289 bis du CGI et l’article 91 de la loi de finances pour 2024.
Mis à jour le 01/10/2026, selon les textes en vigueur au 26/09/2026
29 déc. 2023
loi de finances pour 2024, article 91 SourceLégifrance, article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, consulté le 26/09/2026. Ouvrir

Le circuit d’une facture
- Votre fournisseur
- Sa plateforme agréée
- Votre plateforme agréée
- Vous
- L’administration reçoit les données, pas la facture
Rôle des plateformes et de l’État selon impots.gouv.frSourceimpots.gouv.fr. OuvrirDGFiP, FAQ « Tout savoir sur la facturation électronique », consulté le 26/09/2026. Ouvririmpots.gouv.fr, spécifications externes B2B, modifiée le 02/07/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
L’essentiel
- Avant : PDF, papier ou e-mail. Après : des données structurées, acheminées par une plateforme agréée (ex-PDP).
- L’État tient l’annuaire et reçoit les données ; il ne transporte pas les factures.
- Gains estimés : 4,5 milliards d’euros par an ; à terme, une TVA pré-remplie.
- Base légale : article 289 bis du CGI, loi de finances pour 2024, loi du 19 février 2026.
Ce que vous devez faire
- Repérez votre échéance : recevoir depuis 2026, émettre en 2027 pour une PME. Voir chaque date et son texte.
Une question sur votre cas : assistance DGFiP au 0806 807 807, du lundi au vendredi.
Le détail
La réforme de la facturation électronique en 2026 : ce qui change pour une entreprise
Pour la DGFiP, « La facture de type image PDF (facture numérisée ou PDF générée à partir d’un outil bureautique) envoyée par mail n’est pas une facture électronique » (page questions, 16/01/2026). L'article 289 bis du CGI vise une facture émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, porteuse d’un socle de données structurées et adressée par une plateforme agréée (ex-PDP), le prestataire qui l’achemine.
Le fichier suit l’un des formats admis : « UBL, CII ou tout format mixte composé d’un fichier de données structurées et d’un fichier image » (page « Je découvre »).
C’est quoi la réforme de la facturation électronique, en obligations
- Recevoir : toutes les entreprises concernées, depuis le 1er septembre 2026 (guide pratique, juillet 2026).
- Émettre : les grandes entreprises et ETI depuis la même date, les PME, TPE et micro-entreprises à compter du 1er septembre 2027.
- Transmettre des données (e-reporting) : ventes à des particuliers ou à des entreprises étrangères, et encaissements des opérations dont la TVA est due au paiement, par exemple les prestations de services.
Le champ couvre toute entreprise assujettie à la TVA. Les autres documents gardent leur mode d’échange : la réforme ne touche que les factures (question 4.1 de la FAQ « Je découvre »). Voir le circuit pas à pas.
Pourquoi cette réforme
Pour les entreprises, la DGFiP chiffre le gain à « 4,5 milliards d’euros par an à l’échelle de l’économie française » (p. 4 de la FAQ « Tout savoir »). Elle annonce aussi, « à terme », des déclarations de TVA pré-remplies grâce aux données collectées, sans supprimer la déclaration ni changer sa périodicité (page questions de la DGFiP).
L’administration ne stocke pas vos factures : elle ne reçoit que les données prévues par la loi, transmises par les plateformes (FAQ « Tout savoir », p. 4 et p. 9).
Le modèle français : des plateformes privées, un annuaire public
La FAQ « Tout savoir » le dit sans détour : « La France a fait le choix de ne pas créer de portail public unique ». C’est l’État qui fixe les normes, organise la compatibilité entre plateformes et gère l’annuaire national. Selon l’article 289 bis, « l’Etat met un annuaire central à la disposition des plateformes agréées ». On y lit, entreprise par entreprise, la plateforme qui reçoit ses factures et ses adresses de facturation électronique (service-public, F39785).
Pour le secteur public, la DGFiP présente Chorus Pro comme la « plateforme de référence pour la facturation électronique du secteur public » (spécifications externes, 02/07/2026). La FAQ « Tout savoir » qualifie l’ensemble de modèle « hybride et distribué ».
Deux sources officielles ne disent pas la même chose
La loi n° 2026-103 remplace « plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) » par « plateforme agréée ». L’arrêté du 27 juillet 2026 retire de l’annexe IV les mentions du « portail public de facturation » (PPF), mais la page de la liste (22/09/2026) et la page des spécifications, mise à jour le 02/07/2026, en parlent encore pour l’annuaire et les données. Retenez que l’État tient l’annuaire et reçoit les données, sans offrir de plateforme gratuite d’échange. Son rôle : le portail public de facturation.
La loi sur la facturation électronique, du premier texte au plus récent
| Date | Texte | Ce qu’il apporte |
|---|---|---|
| 29/12/2023 | article 91, loi n° 2023-1322 de finances pour 2024 | le calendrier de 2026 et 2027 |
| 19/02/2026 | article 123, loi n° 2026-103 de finances pour 2026 | l’article 289 bis réécrit, en vigueur le 21/02/2026 |
| 27/07/2026 | décret n° 2026-677 et arrêté | les modalités et les formats, au JO du 28/07 |
Loi facturation électronique 2026 : l’article 289 bis
Selon le texte en vigueur au 26/09/2026 : « L’émission, la transmission et la réception des factures électroniques s’effectuent en recourant à une plateforme agréée. » La DGFiP qualifie la généralisation d'« effective depuis le 1er septembre 2026 ».
Nouvelle loi facturation électronique : les textes de juillet 2026
Le décret et l’arrêté du 27 juillet 2026 s’appliquent depuis le lendemain de leur parution (documentation juridique DGFiP). L'arrêté liste les profils EN16931 et EXTENDED-CTC-FR, en CII comme en UBL, et un format mixte associant un fichier XML et sa version PDF lisible.
Deux sources officielles ne disent pas la même chose
Les échéances tirées de l’article 26 de la loi de finances rectificative pour 2022 ont cédé la place à celles de l’article 91, décrit par la DGFiP comme « prévoyant les nouvelles dates d’entrée en vigueur ». Sur Légifrance, l’article 289 bis porte déjà une abrogation par l’ordonnance n° 2025-1247 (17 décembre 2025), et les articles de sanction 1737 et 1788 D ont une version qui s’arrête au 01/01/2027 : les numéros peuvent changer.
Voir aussi les textes de la réforme détaillés et chaque date et son texte.
Un mouvement européen
La Belgique applique sa propre réforme depuis le 1er janvier 2026. La DGFiP note qu'« Environ 65 % des entreprises étaient prêtes à l’échéance », et que la règle belge ne vise pour l’instant que les échanges domestiques entre entreprises, avec le réseau Peppol comme canal officiel, quand il reste facultatif en France (FAQ « Tout savoir », p. 8).
Le modèle français se dit « compatible avec les futures règles européennes ». La directive (UE) 2025/516 du 11 mars 2025 autorise déjà un État à rendre la facture électronique obligatoire sans l’accord du destinataire. À partir du 1er juillet 2030, la directive TVA prévoit que « les factures sont émises sous la forme de factures électroniques », au format de la norme européenne. Les factures hybrides y sont admises si toutes les données à déclarer sont structurées.
Questions fréquentes
Qui est concerné par la réforme de la facturation électronique ?
Toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans condition de chiffre d’affaires, de forme juridique ni de régime fiscal, selon la page « Je découvre la facturation électronique » de la DGFiP. La franchise en base, les indépendants et les professions libérales en font partie. Le ministère évaluait en janvier 2026 la cible à « près de 10 millions d’acteurs économiques assujettis à la TVA » (communiqué du 16/01/2026).
Quelle est la nouvelle loi sur la facturation électronique ?
La plus récente est la loi de finances pour 2026, n° 2026-103 du 19 février 2026 : son article 123 a modifié l’article 289 bis du CGI et renommé les PDP en plateformes agréées. Deux textes d’application ont suivi le 27 juillet 2026, un décret et un arrêté qui liste les formats admis. Le calendrier, lui, vient toujours de la loi de finances pour 2024.
Pourquoi passe-t-on à la facturation électronique ?
La DGFiP avance d’abord un gain pour les entreprises, estimé à « 4,5 milliards d’euros par an à l’échelle de l’économie française ». Les données transmises doivent aussi servir, « à terme », à pré-remplir les déclarations de TVA. Le modèle retenu se dit enfin « compatible avec les futures règles européennes » : la directive TVA prévoit des factures électroniques à partir du 1er juillet 2030.
Quelle est l’obligation de facturation électronique en 2026 ?
Recevoir : depuis le 1er septembre 2026, chaque entreprise, « quelles que soient leur taille et leur forme juridique », doit accepter des factures électroniques, selon la FAQ « Je découvre ». Émettre : seules les grandes entreprises et les ETI y sont tenues cette année. Le détail des obligations est sur ce qui est obligatoire, et leur état au jour près sur ce qui s’applique en 2026.
La réforme supprime-t-elle la déclaration de TVA ?
Non. La DGFiP maintient les déclarations de TVA, avec la même périodicité qu’avant. Les données collectées doivent permettre « à terme » un pré-remplissage. Pour retrouver la page de la DGFiP qui le dit : les documents de la DGFiP.
Toutes les sources
- Légifrance, article 289 bis du CGI, version en vigueur depuis le 21/02/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- Légifrance, article 91 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, « Je découvre la facturation électronique », consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, « Est-ce qu’une facture envoyée par mail est une facture électronique ? », modifiée le 16/01/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, guide pratique de la facturation électronique, juillet 2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, FAQ « Je découvre la facturation électronique », version du 01/09/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, FAQ « J’approfondis la facturation électronique », version du 01/09/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, FAQ « Tout savoir sur la facturation électronique », consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, « J’approfondis mes connaissances sur la réforme », modifiée le 06/01/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, « Avec la réforme de la facturation électronique, dois-je encore déposer des déclarations de TVA ? », modifiée le 16/01/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, spécifications externes B2B, modifiée le 02/07/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- Service-public.fr, fiche F39785, vérifiée le 07/08/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, documentation juridique de la facturation électronique, juillet 2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- Légifrance, décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- Légifrance, arrêté du 27 juillet 2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- DGFiP, « Calendrier de la réforme », 18/01/2024, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- impots.gouv.fr, liste des plateformes agréées, modifiée le 22/09/2026, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- EUR-Lex, directive (UE) 2025/516 du Conseil du 11 mars 2025, consulté le 26/09/2026. Ouvrir
- Ministère des Finances, communiqué du 16 janvier 2026 « Facturation électronique : la Direction générale des Finances publiques publie la liste des 101 premières plateformes agréées », consulté le 01/10/2026. Ouvrir